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  >  Voyage en famille   >  Jour 30 – mercredi 21 août 2024

Nous partons aujourd’hui découvrir Delhi avec la même ONG qu’à Bombay, Reality Tour and Travel.

Le principe est le même : découverte des principaux sites, mais cette fois, nous terminerons notre journée avec Sanjay Colony, le bidonville de Delhi.

Notre guide s’appelle Sourav, il est originaire de Delhi et nous emmène d’abord visiter un temple sikh, Gurdwara Bangla Sahib, le plus grand d’Inde.

Après les recommandations d’usage sur le comportement à adopter et la tenue, nous entrons d’abord dans un vestiaire où une dame s’occupe de nous couvrir correctement la tête.

Sourav nous explique avec beaucoup de détails en quoi consiste cette religion (extrêmement intéressante car portée sur la tolérance et l’égalité !) et nous détaille la tenue particulière des sikhs (cheveux longs, turban, barbe, poignard, bracelet, etc…), tenue que nous pouvons voir sur les gens qui nous entourent.

Avant d’entrer à l’intérieur du temple, nous commençons par nous laver les mains et les pieds. Si tu t’es lavé le corps chez toi, pas besoin de plus, mais sinon, un immense bassin à ciel ouvert est disponible pour ceux qui n’auraient pas eu cette possibilité (avec une partie fermée pour les femmes). Il nous montre à quel endroit les croyants achètent leurs offrandes et nous fait ensuite entrer dans le temple.

Pas de photos à l’intérieur, je ne peux donc vous montrer ce que nous avons vu, mais c’était très beau : une immense salle de marbre blanc, très haute de plafond, remplie des colonnes, de la moquette partout au sol où chacun peut venir s’asseoir pour méditer. Au centre de cette salle, un « autel » tout en or, plus bas, dans lequel des gurus (professeurs) jouent de la musique et se recueillent autour d’une copie du livre sacré, recouvert d’une tenture.

On se sent bien ici, nous nous asseyons dans un coin reculé et restons un moment à observer les gens venus prier.

Sourav nous explique ensuite le principe de cette communauté, tournée vers l’entraide et nous emmène à l’intérieur d’une immense salle dans laquelle, 3 fois par jour, un repas est distribué à ceux qui se présentent ici, sans distinction de classe sociale… Uniquement des bénévoles travaillent ici. Il nous ouvre les portes des cuisines, les plus grandes de Delhi, qui arrivent à fournir entre 5000 et 20 000 repas 3 fois/jour ! Incroyable ! Cette visite nous enchante, c’est extrêmement intéressant.

Hall qui accueille les gens pendant les repas
L’accueil des bénévoles se fait avec un chaï
Un groupe de femmes préparent des naans
Machine à faire des rotis
Il en sort 5000 à l’heure !
Des marmites de dahl !

Nous partons ensuite visiter une laverie à ciel ouvert, comme à Bombay, mais en plus petit. Là encore, c’est une caste qui, de père en fils, vient ici pour travailler.

Juste à côté de la laverie, Sourav nous emmène dans un endroit calme, à l’abri de l’agitation, où les amoureux aiment venir : Ugrasen ki baoli, un puit comme ceux du Rajasthan, avec une architecture légèrement différente.

Un mur d’enceinte, une petite porte, et là, surprise : des marches et un puit d’une quinzaine de mètres de profondeur. De l’extérieur, nous ne pouvions soupçonner ce qu’il y avait caché derrière ce mur ! L’endroit est paisible, presque secret.

Nous reprenons la voiture en direction d’un immense jardin (36 ha), Lodi Garden, un véritable  have de paix au cœur de Delhi, entouré de villas cachées derrière une végétation luxuriante et de hauts portails, toutes plus magnifiques les unes que les autres. On se croirait à Hollywood !

Lodi Garden est le lieu des sépultures Lodi, les dynasties qui ont précédé les Moghols.

Les tombeaux, disséminés au milieu des massifs de fleurs, des bassins et des centaines d’écureuils, sont un peu défraîchis…

Dans le jardin, un espace réservé aux plantes médicinales et comestibles.

Après une pause déjeuner, nous partons découvrir Humayun’s Tomb, le mausolée d’Humayu,  2ème empereur moghol, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Mort en tombant dans des escaliers (sans aucune aide évidemment !), c’est quelques années après que sa veuve décide de faire construire ce mausolée, inspiré des mausolées persans.

Encore une fois, les indiens ont le sens de la mise en scène : on traverse des jardins, entourés de murailles, on passe des portes et soudain, le mausolée en grès rouge et marbre blanc apparaît, immense, majestueux, surélevé sur une plate-forme…ça ne vous rappelle rien ?

C’est ce mausolée qui aurait inspiré l’architecte du Taj Mahal, effectivement, la ressemblance est frappante !

À l’intérieur, plusieurs tombeaux : ceux de toute la famille de Humayun…sa veuve (sa 2ème femme en réalité) ayant le plus petit ! Ah bah, sympa…

La journée est déjà bien avancée, Sourav s’excuse car il ne peut nous montrer l’intérieur du prochain temple que nous souhaitions voir, mais seulement l’extérieur. Ce n’est pas très grave, a priori, ce n’est pas l’intérieur le plus spectaculaire. Il s’agit du Lotus Temple, un temple bahaïste.

Cette « religion » n’en est pas vraiment une, elle vénère tous les prophètes des grandes religions et met en avant le principe de paix universelle. Il existe seulement 9 autres temples de ce genre dans le monde entier. Cette immense fleur de lotus nous fait immédiatement penser à l’opéra de Sidney.

Notre journée se termine par une visite toute particulière : celle de Sanjay Colony, l’un des bidonville de Delhi, qui va particulièrement nous marquer !

À l’extérieur de la Colony, les vaches cherchent de la nourriture au milieu des déchets !

L’ONG avec laquelle nous faisons le tour est très impliquée ici car 80% des bénéfices vont justement aider les jeunes de ce bidonville en leur offrant des cours d’anglais, de gestion informatique et de présentation pour trouver un emploi. C’est pour cette raison que nous avons fait appel à cet organisme.

Je n’ai fait aucune photo dans la colony, par respect pour les gens qui vivent ici.

Nous commençons donc par comprendre pourquoi il y a un bidonville ici. Les terrains appartiennent à l’état et sont entourés de fabriques de vêtements.

Les personnes qui viennent ici sont sûres de trouver un boulot. Elles sont employées à trier les chutes de tissus afin d’être recyclées.

En échange d’un accès à des toilettes publiques, à l’électricité et à l’eau potable, les familles sont autorisées à s’installer sur ces terrains et sont autorisées à…voter !!

Sourav y a des amis ici et nous emmène voir les femmes qui travaillent, à même le sol, qui milieu d’énormes sacs de chutes de tissus.

En lisière du bidonville, c’est le marché de fin d’après-midi. Des fruits, des légumes et de la viande « fraîche » : des étals avec des billots et d’énormes couteaux et des chèvres ou des poulets vivants qui attendent leur tour…

Nous le suivons ensuite au cœur du bidonville, là où les familles vivent nombreuses dans des espaces aussi grands que nos salles de bain…

Un enchevêtrement de ruelles où l’on peut à peine se croiser, des escaliers escarpés et extrêmement étroits qui montent dans les étages pour ceux qui ont la chance d’habiter une maison en brique… Nous sommes si serrés que nous pouvons, en tendant les bras, toucher les gens dans leurs habitations de part et d’autre de chaque ruelle. Un petit rideau de fortune donne un peu d’intimité aux intérieurs, il fait sombre, à nos pieds, des rigoles étroites qui servent d’égouts.

Les gens nous rendent nos sourires. Les enfants veulent parler avec nous. Nous sommes mals à l’aise d’avoir tout et eux rien…quelle injustice ! Ces gens n’ont rien fait pour mériter ça, ils sont juste nés au mauvais endroit…

L’organisation au cœur du bidonville est la même que partout ailleurs : c’est une ville dans la ville ! Des coiffeurs, des petits commerces, une « pharmacie », un vendeur de téléphones, un temple, une école…tout est à échelle réduite et dans un périmètre très serré. On dirait une ville occidentale datant du moyen-âge, en miniature !

Sourav nous explique énormément de choses, nous lui posons beaucoup de questions, c’est très intéressant…et son discours change d’un coup ! Au lieu de dire « ils », soudain il dit « nous » !!

Nous avons compris.

En fin de visite, nous nous permettons donc de lui poser quelques questions.  

Oui, il est un enfant d’un bidonville. Quand il a su que cette ONG recrutait et ce qu’elle faisait, il a saisi sa chance : il a appris l’anglais tout seul et s’est présenté pour être formé. Il a fait son chemin, aujourd’hui, il parle couramment et il est employé par l’ONG. Il n’est pas marié, il vit avec toute sa famille à quelques kilomètres de là. Il est un exemple de réussite. Nous sommes touchés par cet homme.

Sur le chemin du retour, nous échangeons avec les enfants. Beaucoup de solidarité, des gens qui travaillent dur, notre chance incroyable d’avoir tout ce que nous avons, c’est ce que nous retiendrons de cet endroit hors du commun !

L’ONG nous a fourni quelques photos prises par eux de Sanjay Colony :

Comments:

  • Lauren

    22 août 2024

    Une journée très riche qui montre à la perfection l’idée qu’on se fait de l’Inde : un mélange de démesure et d’une extrême pauvreté dans un même lieu.

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  • Mounette

    23 août 2024

    Oui, c’est ça, tout y est de l’image qu’on se fait de l’Inde…les antagonismes où se côtoient la splendeur des temples, des mausolées, des jardins avec la pauvreté des bidonvilles, la beauté et la laideur… journée enrichissante !

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  • Cazette

    23 août 2024

    Toute cette pauvreté !!!!!!!

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