Bon, nous avons mal réglé la clim hier soir, le froid m’a réveillé à 5h00 ce matin… je m’installe sur notre petite terrasse pour bouquiner. La ville est silencieuse, jusqu’à l’appel de la prière. J’écoute avec attention tous les muezzin. C’est très beau… Le soleil se lève tout doucement, il fait bon, le patio se remplit de lumière et les oiseaux m’offrent un concert de toute beauté !


Une fois tout le monde réveillé, nous montons sur le toit terrasse prendre le petit déjeuner. La dame qui nous a préparé le dîner hier soir vient se présenter. Elle s’appelle Aïcha et nous la félicitons pour sa cuisine ! Le petit déjeuner ce matin est tout aussi délicieux : œufs brouillés, yaourts, galettes, cake, salade de fruits frais, pains variés, confitures, miel, jus d’oranges pressées et bien sûr, du thé marocain ! Nous sommes au Maroc, sur un terrasse au cœur de la Médina, et je peux vous assurer que nous savourons l’instant ! Aïcha est adorable. Elle renomme Sacha « Cha-ïn » en arabe.
Nous quittons ensuite le Riad et partons à pied vers le Jardin Majorelle. Nous rejoignons une des portes et sortons de l’enceinte de la vieille ville pour rejoindre la ville neuve.
Arrivés au jardin, nous remarquons que le prix d’entrée a doublé par rapport au prix annoncé dans notre guide ! Un marocain à côté de nous s’énerve de cette augmentation et il lui est répondu que le jardin a été fermé 1 an et qu’il faut bien se remettre sur pied…
A l’intérieur, c’est magnifique ! La variété d’essences de plantes est incroyable : des palmiers de toutes sortes, des plantes grasses, des bambous, des bougainvilliers et surtout des cactus aux formes extraordinaires qui font la taille des arbres ! On déambule au milieu de toute cette luxuriance dans ce jardin qui abritait l’atelier du peintre Jacques Majorelle, racheté et restauré en 1980 par Yves Saint Laurent et Pierre Bergé. Le jardin s’organise autour de bassins, fontaines avec comme fil conducteur le bleu si célèbre que Majorelle avait choisi pour peindre son atelier. Ce bleu, présent partout, est tout simplement superbe ! On en prend plein les yeux, les couleurs sont intenses et le contraste du bleu « klein » avec les verts de la végétation et l’ocre rouge des allées est saisissant.






Nous décidons de rester déjeuner au café Majorelle où nous nous régalons de jus de fruits frais, de salades, d’un mille-feuilles d’aubergines et au dessert, de glaces aux parfums locaux : amlou (mélange d’huile d’argan, amandes ou cacahuètes et miel), dattes et fleur d’oranger. Eric prend un thé à la menthe avec une corne de gazelle. En l’apercevant, Sacha, égal à lui-même, s’exclame : « oh, c’est un ravioli ??! » (pour comprendre cette histoire, il faut savoir que depuis le voyage en Malaisie, Sacha a une passion pour les raviolis…la famille Henry rencontrée en Chine l’a d’ailleurs surnommé « Petit Ravioli »)
Nous rentrons ensuite au Riad pour un repos au frais car la chaleur est écrasante. Comparé à l’Asie, cela n’a rien à voir et Emma le décrit très bien ainsi : « Il fait tellement sec que l’air est presque palpable ».
Nous nous reposons un peu dans notre chambre et rejoignons ensuite la 1ère piscine dans le patio. L’eau est fraîche, c’est extrêmement agréable !
Quand il fait un peu moins chaud, nous montons sur la terrasse et, pendant que les enfants se précipitent dans la piscine, nous nous installons sur les transats à l’ombre pour lire. Une perruche bleue nous y rejoint et s’installe près de nous !
Vers 18h, nous quittons le Riad pour rejoindre la place Jemaa-el-Fna où nous avons décidé de passer la soirée. Cette place, la plus grande de Marrakech est réputée pour ses animations et ses restaus de rues le soir, à la tombée de la nuit. Pour la 1ère fois, nous nous enfonçons au cœur de la Médina et longeons les souks. Ici, pas de voitures, seulement des charrettes à ânes, des vélos et beaucoup de scooters et mobylettes. La règle pour les piétons : rester à droite ! Les enfants nous tiennent fort la main en longeant les murs et sursautent au moindre klaxon ! En Asie, l’agitation est parfois identique, mais ils l’ont oubliée…
La lumière dans ces ruelles est divine, les couleurs magnifiques, tout est tel que je l’imaginais lorsque j’ai passé 1 an à étudier l’Orientalisme ! La ville a beau évoluer, changer, se transformer, parfois se dénaturer, la lumière et les couleurs sont les seules choses qui peuvent rester intactes.
Nous avons essayé de mémoriser la carte avant de partir, histoire de ne pas se balader dans les ruelles avec un plan et de se faire trop aborder pour nous « offrir » de l’aide. Bon, c’est peine perdue, au bout de 10 min, nous nous rendons compte que nous n’avons pas pris la bonne direction et nous sommes obligés de faire appel au GPS. Celui-ci n’en fait qu’à sa tête, nous parcourons toutes les ruelles autour de la place principale de Marrakech et mettons un certain temps à trouver notre chemin ! Ces déambulations aléatoires ont l’avantage de nous avoir permis de prendre quelques repères dans les souks.
En arrivant, nous rangeons nos appareils car ici, montreurs de serpents, musiciens folkloriques ou autres tatoueurs au henné ne sont là que pour te pousser à les prendre en photo en échange de quelques dirhams. Nous traversons la place sans répondre à aucune sollicitation et montons sur une des terrasses de café qui borde la place. En hauteur, avec un thé à la menthe et un jus d’orange pressée, l’effervescence qui règne à nos pieds devient un spectacle accaparant ! La vue sur les montagnes de l’Atlas, au loin, l’est tout autant. Nous décidons de rester observer cette agitation si particulière jusqu’au coucher du soleil, avant d’aller dîner dans une des gargottes qui propose des grillades. Les enfants se sentent en sécurité ici et nous passons plus d’1 heure à nous amuser du manège des montreurs de serpents, musiciens et dompteurs de singes. À la fin de la soirée, ils n’ont plus de secrets pour nous : nous connaissons leurs techniques d’approches, leur point de regroupement, leur secteur de travail mais confirmons avec tristesse que ces pauvres animaux ne semblent pas extrêmement bien traités !



Une fois le soleil couché, nous rejoignons l’agitation de la place et partons en direction d’un resto de rue que nous avons repéré depuis notre promontoire. Les rabatteurs se précipitent vers nous et nous faisons mine de nous laisser « séduire » par leur carte. On nous installe, nous commandons des grillades. Nous sommes vite rattrapés par les fumées de barbecues et c’est donc, fumés à point que nous quittons la place après avoir mangé et payé le « service à table » en plus du prix du repas (comprendre plutôt le « service spécial français » réservé aux touristes…).
En fin de compte, ces petits restos n’ont rien d’exceptionnel comparé à ceux que nous pouvons croiser en Asie, nous n’y reviendrons pas.
Il est 20h50, le couvre-feu démarre dans 10 min, je suis curieuse de voir comment tout ce beau monde va plier bagage avant 21h. Eh bien, si, c’est possible ! À 20h53, branle-bas de combat, tous les propriétaires de boutiques de mettent à ranger en 4ème vitesse : on se croirait Place du Trocadéro quand les policiers débarquent ! En même temps, il faut les comprendre, cette fermeture anticipée chaque soir leur fait perdre beaucoup de clients. Ils retardent au maximum leur départ, la règle ici n’étant pas d’être rentré chez soi à 21h, mais en route seulement pour le faire.
Nous reprenons la route de notre Riad. Nous sommes joueurs : nous allons essayer de ne prendre aucun GPS pour voir si nos erreurs de l’après-midi nous ont servi à quelque chose. Comme nous le précise Sacha : si on n’a plus de batterie, il faut avoir mémorisé les bons points de repères pour pouvoir rentrer ! C’est donc sans encombre ni erreur de parcours que nous rejoignons le Riad, de nuit, avec les boutiques à moitié fermées ! Nous sommes assez fiers de nous.
Sur place, nous faisons le plein de Coca pour la nuit…les viandes mangées ce soir ne nous paraissaient pas d’une grande fraîcheur et les jus de fruits, coupés à l’eau ! Comme on dirait ici : « Inch’Allah…»

