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  >  Voyage en famille   >  Jour 37 – samedi 20 août 2022

Après une très courte nuit passée à grelotter, malgré nos sweats, sous la clim du train allumée à fond, nous nous réveillons à 4h45. Un petit tour par les toilettes du train se transforme en expédition : ça tangue énormément, nous sommes ballotés d’un mur à l’autre pour accéder au bout du couloir ! Nos vessies n’en peuvent plus, je prie pour que mon périnée tienne le coup ! Nous passons entre 2 wagons, hop, on se prend une suée car on passe de 20° à 30°. Une fois atteint le lieu tant espéré, pas de lumière, il faut laisser la porte ouverte. Sacha se précipite, pas de soucis pour lui. Moi je ne peux décemment faire pipi devant tout le monde (on n’est pas en Chine tout de même !), je ferme la porte et me retrouve dans une demi-pénombre. Alors, visualisez (ou pas !)…je suis dans le noir, dans un wagon qui tangue comme jamais, avec aucun endroit où me raccrocher (j’ai pas très envie en fait) et, comme dans tout train, le contenu de la cuvette qui tangue lui aussi énormément et qui ne partira que lorsque j’appuierai sur le bouton d’aspiration… voilà voilà…je ressors de là, épuisée 😉

Une fois sortis de la gare, un chauffeur nous attend, nous avons encore 1h de route en voiture. Et c’est parti pour l’ascension des montagnes…les 1ères rizières en plateau apparaissent…

Nous retrouvons notre guide anglophone, Su, à Sapa (une cité perchée à 1650m d’altitude), qui nous expose le programme des 3 prochains jours et nous démarrons. Il est 9h00, nous avons seulement grignoté quelques grains de raisin et biscuits en guise de petit-déjeuner et nous allons commencer par la montée d’une montagne ! Youhouuuu

En sortant de la ville, 2 femmes Hmong nous suivent sans rien nous dire… Au bout d’un moment, nous demandons à Su pourquoi elles font ça. Elle nous explique que tant qu’on ne leur a pas dit qu’on ne leur achèterait rien, elles nous suivront…ok.

C’est parti pour la grimpette.

Bon, 1 heure après, on est cuits, on crache nos poumons, j’ai l’impression de mourir sur place ! Je pensais qu’avec nos 3 jours de trek, on pourrait éliminer nos 4 jours d’excès culinaires à l’hôtel. Je rectifie : c’est bon, on a déjà éliminé les crêpes et les pancakes !!

On a grimpé à travers la forêt, les champs de maïs et d’orchidée, parfois dans des sentiers où il n’y avait que la place de nos chaussures. 2 km de montée pour arriver au sommet (550 m de dénivelé en 1h20), on a envoyé du lourd ! Su nous dit de faire attention aux sangsues, il y en a énormément. Ok !… Effectivement, à chaque pause, on vérifie nos jambes et nous en avons tous en train de grimper sur nous ! Beurk…

Là-haut, il y a un peu de nuages mais la vue est magnifique ! On se pose un instant, on a tout donné.

Sorte de cigale

La descente est finalement plus dure que la montée. Il a plu la veille et le terrain est glissant…très glissant ! Nous avons tous fini à un moment donné sur les fesses !

Nos jambes flageolent tellement c’est dur, j’ai du mal à avancer, je sens que ce soir nous allons bien dormir.

Il est 15h00 quand nous arrivons dans un village, nous sommes à bout de forces.

Une famille nous attend pour déjeuner. Ils nous ont préparé plein de plats différents, auxquels nous ne touchons pas trop d’ordinaire dans les restaurants. Et bien je peux vous dire qu’on n’en a pas laissé une miette !! Je n’ai jamais autant mangé. Sacha s’est resservi 6 fois du riz ! C’est délicieux !

Nous mangeons dans la pièce principale, éclairée par une seule ampoule. Quand on rentre, on a l’impression de ne rien y voir, avant que nos yeux s’habituent à l’obscurité. Et là j’ai l’impression d’être aussi nouille que Gigi dans « Les Bronzés font du ski » : « ohhhh, regardez, ils ont même la tv !… »

La cuisine est à côté, avec le foyer creusé dans le sol. Nous nous sommes régalés !

Des bottes de fils sont suspendus un peu partout. Je demande à Su ce que c’est : ici, dans les montagnes, les Hmong cultivent la marijuana (le chanvre) pour fabriquer des tissus magnifiques. Elle m’explique que tout est fait à la main : la tige est cassée pour être pelée, puis les « pelures » sont affinées, peignées, filées et tissées. Ici, ils cultivent également la plante qui sert à faire la couleur indigo, donc chaque famille tisse le chanvre et fait ses propres teintures. Devant chaque maison, on voit des tentures en train de sécher avec des variations d’indigo. C’est magnifique !

Su me montre les différentes qualités de tissu et m’explique tout en détails. La durée du travail, plusieurs semaines, justifie un prix assez élevé des vêtements fabriqués et vendus ici. C’est super intéressant.

On ne peut s’empêcher de lui demander si la marijuana ne sert qu’à la fabrication du tissu et s’il n’y a pas un autre commerce. Non, pas du tout : comme chez nous, vendre et fumer les feuilles est interdit et ici, et on ne plaisante pas avec l’illégalité !

Plants de marijuana

Après le déjeuner, nous avons repris un peu de forces, il nous reste encore quelques kilomètres à parcourir avant d’arriver au village où nous allons dormir.

Le soleil est arrivé, nous marchons sur des petits chemins au milieu des rizières en terrasses, c’est magnifique !

Nous croisons des enfants, des buffles d’eau avec leurs gardiens, des gens qui ramassent le riz mûr, c’est vraiment très beau !

La maison où nous dormons est celle des voisins de Su. La femme est guide elle aussi et parle donc très bien anglais. Son mari a l’air très gentil, mais il ne parle presque pas anglais (Su nous explique que, comme ce sont les femmes qui s’occupent du commerce, ce sont elles qui apprennent l’anglais très vite).

Ils ont 2 enfants, Ní et Tà, 11 et 9 ans, qui sont ravis de voir arriver Emma et Sacha !

Leur maison est construite sur le même principe que celle dans laquelle nous avons déjeuné.

Poules, poussins, canards et canetons vivent derrière la maison, les enfants sont super contents de pouvoir les observer tranquillement. Mais très vite, le courant passe avec les 2 autres enfants qui leur montrent leurs jeux : ici, ce sont les osselets (comme au Cambodge) avec des petits cailloux et surtout, une partie de cache-cache qui va durer toute la soirée ! Ils s’éclatent !

Nous les aidons à préparer le dîner. C’est moi qui m’occupe des nems ! Les 2 parents sont toujours occupés : quand ils ne préparent pas le repas, ils filent le chanvre à tour de rôle.

Nous avons eu beaucoup de discussions avec des femmes vietnamiennes pendant notre voyage car nous avons été surpris d’avoir l’impression de voir plus de femmes travailler que d’hommes. Ici, les hommes considèrent qu’ils ne doivent faire que les tâches physiques et difficiles. Quand il n’y a pas de travail, ils ne font rien. Les femmes, elles, font tout le reste !…

Su nous dit en souriant que son amie a beaucoup de chance d’avoir un mari pareil, qui partage toutes les tâches, qu’ils sont très rares !

Su nous rejoint avec ses enfants pour dîner. Nous installons les tables dans la maison car un énorme orage vient d’éclater. À l’instant où on s’assoit, le courant saute, on se retrouve dans le noir le plus complet ! Chacun sort sa frontale, ça va suffire pour ce soir.

Le repas est très copieux, on leur demande si c’est exprès pour nous ou s’ils mangent autant chaque soir. Non, bien sûr, c’est exprès pour nous. On se régale, on parle beaucoup, on rit de nos différences culturelles, on boit du saké, on passe une excellente soirée. Il nous reste une grande barre de Toblerone dans un sac, on le partage avec tout le monde, les enfants sont ravis. Allez, il est tard (il est 20h30 quand même !) on a parcouru 12,5 km aujourd’hui, on va s’écrouler dans nos lits !

Comments:

  • Anilo

    23 août 2022

    Moi aussi il me faudrait un trek de 3 jours pour éliminer les excès des vacances 😅😅😅

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  • Aline

    23 août 2022

    vous êtes encore servis en aventures, rencontres et paysages magiques, profitez ! de gros bisous

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