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  >  Voyage en famille   >  Jour 14 – jeudi 28 juillet 2022 – 1

Les amis, quelle journée !…

Ça y est, nous quittons le Cambodge…

Nous avons commencé par le plus beau il me semble : les temples d’Angkor sont vraiment extraordinaires et resteront comme un de nos plus beaux souvenirs.

C’est un pays qu’on dit « authentique » : très rural, agricole, assez pauvre, des maisons la plupart du temps en bois, des paysages magnifiques parsemés de rizières mais gâchés par des tonnes de plastique, des gens au flegme parfois déroutant…

Notre difficulté principale aura été les déplacements : un réseau ferroviaire quasi inexistant, un réseau fluvial difficile en fin de saison sèche, peu de routes, et des bus, oui, mais surtout sur les grands axes.

Nous n’avons pas parcouru tout le pays, nous avons fait des choix.

Maintenant place au Vietnam !

Ce matin, en fermant mon sac, j’ai senti mon dos se bloquer. Je n’arrive pas à me redresser, le trajet m’inquiète un peu.

Notre taxi est là à 7h ce matin pour nous conduire au poste de frontière. Il y a un peu moins de 4 heures de route. Nous suivons d’abord la route principale qui remonte vers Phnom Penh.

À 9h00, nous bifurquons à droite, sur ce qu’on pourrait appeler une « départementale », très cabossée. Je retiens mon souffle pour ne pas avoir trop mal…

À 10h00, je n’en peux plus, Éric m’attrape un anti-inflammatoire dans le sac ! Je suis paraît-il blanche comme un cachet d’aspirine.

À 10h25, nous empruntons une piste de terre et de boue !! Arghhhhhh Quelques chapeaux vietnamiens commencent à faire leur apparition, on ne doit plus être loin.

À 10h35, la piste s’arrête tout d’un coup : plus de route. Comment ça, plus de route ?! Il nous restait 10 min de voiture, nous ne sommes plus qu’à 5 km de la frontière ! Des agriculteurs en train de travailler sur le bas côté expliquent que la route a été arrêtée et qu’il faut continuer à pied. C’est une blague ??! Notre chauffeur nous ouvre les portes et nous tend nos sacs…non, ce n’est pas une blague !

Dépités, nous changeons de chaussures, nous nous équipons en chapeaux, lunettes, crème solaire. Je suis pliée en 2, je n’arrive même pas à lacer mes chaussures. Éric tente de négocier le prix du taxi, mais rien à faire : le chauffeur a fait ses 180 km, le plus long trajet de sa vie à priori, il refuse.

Emma, qui est adorable, tient à échanger son sac, moins lourd, avec le mien, pour épargner mon dos. Que j’ai de la chance d’avoir une fille comme elle !

Un des agriculteurs nous propose de nous montrer le chemin pour 20 dollars. Qu’il aille se faire voir, on a assez dépensé, on va se débrouiller seuls.

Et nous voilà partis à travers les rizières ! Nous suivons de loin quelqu’un qui a pris le chemin que nous devons emprunter. Nous pataugeons à moitié dans la boue. Si je n’avais pas aussi mal, j’en rirais presque.

Au 1er kilomètre, j’ai envie de pleurer dès que je fais un pas. Au 2ème, je ne sens plus rien, tout est anesthésié ! Je n’ai plus de dos. C’est bon, il est parti. À un moment, mon pied glisse, je me retrouve à moitié dans la boue ! Avec un peu de chance, ça m’aura remis la vertèbre déplacée !

Nous parcourons les 5 km assez vite, et débouchons dans le village, crottés jusqu’au cou et ruisselants. On doit faire peine à voir car une dame se précipite chez elle pour nous apporter 4 bouteilles d’eau. Par habitude, nous lui demandons combien on lui doit : elle tient à nous les offrir ! Oh ??! C’est la 1ère fois que quelqu’un a un geste de bienveillance gratuite envers nous. Elle retourne en courant chez elle et nous ramène un saucisson qu’elle nous offre…j’ai envie de pleurer tellement je suis surprise et touchée ! Je la remercie du fond du cœur. Comme quoi, le bonheur tient à peu de chose. Un saucisson et je suis heureuse !

Nous arrivons au poste frontière et là, on nous explique qu’il fallait faire tamponner nos passeports au poste d’immigration, 1 km avant !!… Nooooon…les mecs nous embarquent en moto pour nous y conduire, nous n’avons plus le courage de marcher. Tant pis si ça nous coûte cher. Au passage, en montant sur la moto, mon pantalon se déchire à l’entrejambe  ! Tout va bien 🙂

Le poste d’immigration est…comment dire…rural !! Les douaniers sont en train de se balancer dans leurs hamacs, on va les déranger. L’un, petite soixante avec un air gentil, prend nos passeports, l’autre, bedonnant et avec un énorme trousseau de clés accroché à la ceinture, nos visas vietnamiens. Il joue un peu au cow-boy, tourne et retourne nos papiers (peut-être qu’il ne sait pas lire ?) passe des coups de fils, nous montre qu’il est important. Un vrai sketch à lui tout seul ! Finalement, il nous explique dans un anglais approximatif que nous devons aller au Vietnam montrer nos visas afin qu’ils vérifient qu’ils sont valables, puis revenir ici pour pouvoir faire tamponner officiellement nos passeports pour attester de notre sortie du Cambodge. Heu….

Eric part tout seul en moto, nous l’attendons ici. Il revient une dizaine de minutes plus tard, tout est bon, nous pouvons quitter le Cambodge. Quelques vérifications, quelques tampons, des dizaines de photocopies, quelques blagues avec le cow-bow, qui n’est pas si méchant, et c’est bon, nous pouvons passer la frontière !

La suite dans notre prochaine destination.

Comments:

  • Eric

    29 juillet 2022

    … woaw … 😯courage Aurelie ! Tous le monde est souriant c des vacances ! De l aventure !!!
    Et bravo Eric !

    (On a le droit de faire tt de suite des blagues sur le « Un saucisson et je suis heureuse ! » ? Ou on attends qlq jours ?)

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  • Anilo

    19 août 2022

    Ok donc avec quelques semaines de retard je comprends le lumbago de Rélie ET (ce qui m’intrigait le plus) le craquage de pantalon 🤣🤣🤣 (je rigole parce que hé sais que la suite est top)

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