Nous partons ce matin explorer les dernières parties des souks que nous ne connaissons pas. Nous nous repérons de mieux en mieux ! Marché aux poulets, aux épices, herboristes, teinturiers, tapis, nous déambulons tranquillement car il est tôt, les marchands ouvrent leurs échoppes et nous ne sommes pas embêtés.
La « foule » empli de plus en plus les ruelles étroites, je fais quelques emplettes bien négociées. Nous partons déposer le tout au Riad, envahi par un groupe de 8 touristes qui viennent de réserver des chambres juste pour la nuit. Mais que font tous ces gens chez nous ?! Aïcha, Naima et Zakariya courent partout pour que tout soit nickel.
Après avoir déjeuner chez le restaurateur de la veille, qui nous a chouchouté, nous passons l’après-midi au Riad, près des bassins, au frais. Il fait très chaud ici, les visites ne sont pas agréables au cœur de la journée et nous sommes mieux ici. Et ce soir, nous avons à 18h30 une surprise pour les enfants !




Le groupe qui a investi le Riad représente tout ce que nous « aimons » : une jeunesse sans gêne, qui laisse traîner ses affaires absolument partout et ne respecte pas les gens qui vivent ici. Dans chaque salon, chaque patio, on trouve des chaussures, vêtements, chargeurs, papiers, gourdes, mais surtout 2 filles passent leur temps en maillot de bain string ! Cette attitude m’agace fortement. Zakariya voit ma tête et s’approche pour me dire qu’il est d’accord avec moi. Il nous dit en douce qu’il sourit car c’est son métier mais qu’il ne trouve pas normal que ces filles ramènent leur culture ici…
Nous apprenons que ce sont des amis, la vingtaine, de toutes nationalités, qui viennent fêter un anniversaire sur Marrakech. Heureusement, ils partent demain !
À 18h30, nous quittons le Riad pour la surprise que nous avons réservée aux enfants : nous rejoignons le chauffeur qui nous avait récupérés à l’aéroport et nous prenons la direction de la palmeraie pour aller faire une balade à dos de dromadaires !
Composée de 100 000 palmiers, la Palmeraie a été créée au XIe siècle et permet la culture de fruits tels que la datte, d’huile ou le cœur de palmier. Elle a été pensée comme une oasis qui, à l’origine, était irriguée par des canalisations qui exploitent les nappes d’eau se trouvant sous le lieu.
Malheureusement, depuis plusieurs années, l’endroit subit un important développement de l’urbanisme et accueille désormais de grandes villas privées de stars, ainsi que des hôtels luxueux et des golfs, qui utilisent les sources d’irrigation des palmiers.
Effectivement, quand nous arrivons, nous constatons le contraste qu’il y a entre la palmeraie, asséchée, et la luxuriance de la végétation des villas qui envahissent le lieu, barricadées derrière des murs d’enceinte.
Les dromadaires sont là et nous attendent. Les enfants sont plus que surexcités !! On nous explique que, d’habitude, on déguise les touristes en Touaregs, mais qu’avec le covid, ils ne le font plus car ce n’est pas très hygiénique. Franchement, ça nous arrange fortement !
Nous montons tous sur un dromadaire qui sont ensuite attachés les uns aux autres pour former une caravane. Ce sont des femelles qui ont toutes un petit, en liberté.
Tout le monde se met en route, les enfants ne s’arrêtent pas de parler tellement ils sont heureux ! Nous empruntons un chemin au milieu de la palmeraie. Le rythme est lent, on aperçoit toujours les montagnes de l’Atlas au loin. Le soleil se couche progressivement derrière les palmiers. Les petits dromadaires ne font que blatérer et ça nous amuse beaucoup car nous constatons que, dans cette caravane finalement, tous les enfants se ressemblent !
Nous longeons effectivement quelques riches villas puis, un peu plus loin, des habitations très pauvres où des enfants jouent au milieu des poules, des moutons…et des déchets ! Quel contraste !
Au bout d’une heure, nous sommes de retour. Emma est aux anges, Sacha nous parle de la vieille femelle qu’il montait et nous explique qu’il est tout de même un peu déçu car, lui, ce dont il rêve depuis des semaines, c’est du désert, et qu’il n’a pas vu de dunes pendant cette promenade…
Nous rentrons au Riad avec, dans la voiture, la musique des Gipsy King que notre chauffeur, Mustapha, écoute à fond !











Nous nous changeons et montons prendre l’apéritif et dîner sur la terrasse. Les enfants racontent à Zakariya leur balade et il leur parle de sa région où il y a des centaines de dromadaires.
Aïcha continue de nous faire découvrir les spécialités culinaires du Maroc car elle nous a préparé une Kefta aux œufs. C’est un régal ! Zakariya nous rejoint pour nous faire découvrir plein de nouvelles musiques, du blues berbère, et nous montre des vidéos du groupe dans lequel il joue.
Il nous propose ensuite de nous apprendre à faire le thé marocain. Nous sommes tous très attentifs car c’est sûr, nous en referons de retour chez nous !
Il est tard, après un dernier verre de thé, nous partons nous coucher.

